La préhistoire

I. Quand l’Homme s’est-il installé pour la première fois dans la commune de Fauvillers ?

Les premiers hommes à avoir habité nos régions ne sont pas nos ancêtres directs. Ce sont des hommes de Néandertal. Homo Neanderthalensis arrive en Europe environ 430 000 ans avant notre ère. L’homme moderne (Homo Sapiens), quant à lui, débarque en Europe vers 45 000 ans avant notre ère, vers la fin de la dernière glaciation.

À l’époque, nos régions sont bien différentes, puisqu’il y fait plus froid. Le paysage est moins vert, la végétation est moins dense. La banquise descend jusqu’au centre de l’Angleterre et au nord de l’Allemagne, et la mer du nord n’existe pas encore. Pour se nourrir, il faut chasser, notamment le mammouth (disparu il y a 15 000 ans).

Nous savons que l’homme de Neandertal a parcouru notre pays, puisque des ossements et des outils ont été retrouvés à Spy, ou encore à Mesvin, dans le Hainaut (datés de 250 000 ans avant notre ère). Malheureusement, aucune trace n’a été retrouvée dans notre commune, donc nous ne savons pas dire avec certitude s’il y était établi.

On a longtemps considéré que l’homme de Neandertal était une brute pas très intelligente. On sait aujourd’hui que c’est faux. Les scientifiques se sont même rendu compte que nous avions une partie de nos gènes qui venait directement de lui. À ton avis, qu’est-ce que l’homme de Neandertal avait déjà inventé, dans les domaines de la culture, de la nourriture… ?

L’homme de Neandertal maitrisait déjà beaucoup de choses. Si tu as répondu qu’il confectionnait des habits, des outils, qu’il parlait, tu es dans le bon. Il connaissait déjà les premiers rudiments de médecine grâce aux plantes, il enterrait ses morts, il peignait les murs des grottes, réalisait des gravures sur pierre, des bijoux. On a même découvert de petits outils qu’il utilisait pour se curer les dents !

« Avec le nouvel âge de glace, le rideau tombe. Lorsqu’il se relève, il y a près de 130 000 ans, avec la nouvelle période de chaleur, voici que réapparaissent des restes humains […] Qu’elle qu’ait été leur profonde ressemblance avec nous, les peuples qui élaborèrent ces modes de vie sont encore différents des humains modernes du point de vue physiologique. Leurs premiers restes furent découverts à Neandertal en Allemagne (d’où le terme de Néendertaliens) : il s’agissait d’un crâne à la forme si curieuse que l’on crut pendant longtemps qu’il appartenait à un idiot de notre époque. Nous en savons aujourd’hui beaucoup plus sur nos cousins. En 2010, des savants ont réussi à cartographier le génome des Néandertaliens à partir du matériel génétique fourni par trois squelettes. Nous avons appris ainsi que l’Homo neandertalis tient ses origines d’une implantation hors d’Afrique de formes très anciennes d’êtres humains, il y a peut-être un demi-million d’années.

[…] Les Néandertaliens, comme les différentes espèces que les spécialistes considèrent comme anatomiquement modernes, marchaient debout et possédaient un gros cerveau. Ils représentent une grande avancée dans l’évolution, notamment sur le plan mental, où ils font preuve de capacités nouvelles que nous arrivons à peine à saisir et encore moins à mesurer. Un exemple frappant : le recours à des techniques pour maîtriser l’environnement. Les racloirs que l’on a retrouvés, et dont ils se servaient pour apprêter peaux et fourrures, prouvent qu’ils portaient des vêtements […] Mais ces progrès dans l’exploitation de l’environnement ne sont rien quand on les compare à ce que fut, dans la culture des Néandertaliens, la pratique de l’inhumation. […] Or les tombes néendertaliennes nous apportent plus encore : peut-être le premier témoignage dont nous disposons sur des rituels ou des cérémonies. »

J. M. ROBERTS et O.A. WESTAD, « Histoire du Monde. I. Les âges anciens », Paris, Perrin, 2013 (2016 pour la traduction française).

II. Quelles sont les premières traces d’occupation de nos villages ?

Le premier objet se trouve dans l’entrée de l’église de Hollange. Il s’agit d’un polissoir, c’est-à-dire une grande dalle sur laquelle les pierres utilisées pour créer des outils étaient polies, frottées jusqu’à devenir bien lisses ou bien coupantes. Ce polissoir date de l’époque où les premiers Hommes se sont installés dans des villages.

Jusque-là, les Hommes se déplaçaient pour rechercher leur nourriture, pour chasser le gibier ou cueillir des fruits ou des plantes. Puis, ils ont commencé à cultiver des champs ou élever des animaux pour rester au même endroit. Cette époque, qu’on appelle néolithique, se déroule environ 5000 ans avant notre ère (il y a 7000 ans) dans nos régions. Mais le polissoir pourrait être plus récent et avoir environ 4000 ans.

Sur le polissoir, on distingue encore la trace des outils qu’on a frottés sur sa surface, cela fait comme des griffes dans la pierre. Les habitants du village, anciennement, y voyaient la trace de la griffe du diable !

La lunule est un bijou en or qui a été retrouvé à Fauvillers et qui est aujourd’hui présentée dans les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle fait même partie des 100 objets incontournables d’après les Conservateurs du Musée.

La lunule date de 1800 ans avant notre ère. À cette époque, des hommes bâtissent Stonehenge en Angleterre. C’était peut-être la même civilisation…

Ce bijou montre que, non seulement, notre commune était déjà habitée, mais aussi que ses habitants commerçaient et avaient des contacts avec les régions avoisinantes, puisque la lunule est tout à fait similaire à des objets retrouvés en Bretagne.

Au château de Logne, près de Barvaux, on raconte qu’à la veille de grandes fêtes, on voit une chèvre couverte de pierres précieuses passer au galop par [un] souterrain. À celui qui parviendra à l’attraper par la queue, elle devra indiquer le lieu où fut enterré le trésor.

Quel est le lien entre cet animal et la lunule en or de Fauvillers ?

La lunule a été trouvée au lieu-dit Stâle des gattes, « l’écurie des chèvres », plus particulièrement des chèvres en or. Les légendes de l’Ardenne comptent de nombreux récits de chèvres en or (comme à Grimbiémont, Salm, Arlon, Hampteau ou encore Comblain-au-Pont). Ces animaux sont souvent associés à des lieux anciens, celtiques ou préhistoriques.

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